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« Supports et pratiques d’enseignement : quels risques d’inégalités ? »

Appel à contributions pour le n° 55 de Spirale – Revue de Recherches en Éducation (parution : janvier 2015)

SUPPORTS ET PRATIQUES D’ENSEIGNEMENT : QUELS RISQUES D’INÉGALITÉS ?

Coordination
Stéphane Bonnéry (Université Paris 8) : stephane.bonnery@wanadoo.fr
Jacques Crinon (Université Paris-Est Créteil) : jacques.crinon@u-pec.fr
Germain Simons (Université de Liège) : g.simons@ulg.ac.be

Les enseignants, dans la plupart des situations d’enseignement-apprentissage qu’ils mettent en place, s’appuient sur des supports, manuels scolaires, documents, fiches, livres, albums de jeunesse, épreuves d’évaluation, etc., supports qui mettent en scène les savoirs ou dont l’usage est lui-même objectif d’apprentissage.
Nous envisagerons dans ce numéro les supports sous l’angle de l’activité intellectuelle qu’ils sollicitent. Les étudier conduit à interroger d’une part les évolutions curriculaires – et ce qu’elles doivent à des influences sociales et institutionnelles – qui se fixent dans la matérialité des supports (le type d’activité intellectuelle encouragée ou attendue notamment) et d’autre part les pratiques des enseignants et des élèves dans la classe. En effet, les supports sont porteurs de sollicitations de l’apprenant, de conceptions de l’activité, auxquelles se confrontent les enseignants et les élèves, et ils participent en partie à modeler les pratiques. Il convient donc de les prendre en compte pour éviter de penser que ce qui se joue en classe ne découlerait que des personnes en présence, indépendamment de ce qui dans les supports est inscrit, matérialisé, comme usages possibles. La fréquentation de supports aux exigences inégales est susceptible d’influer différemment sur les apprentissages des élèves, et notamment d’élèves aux caractéristiques scolaires et sociales différentes. L’analyse de supports didactiques, de l’activité qu’ils appellent, des risques d’inégalités scolaires qu’ils recèlent, constitue donc un premier domaine d’exploration envisagé par le dossier.
Inversement, il convient tout autant de se prévenir d’une conception mécaniste des effets de ces supports : s’ils contraignent un horizon d’usages qui ne sont pas illimités, divers usages restent possibles, par les enseignants et les élèves, qui peuvent aussi contribuer aux inégalités. Ou bien les mêmes supports peuvent être utilisés par le même enseignant de façon différenciée selon les élèves. C’est donc aussi à décrire et à comprendre les choix et les pratiques des enseignants que s’attachera ce dossier.
Les supports ont connu des évolutions importantes depuis une cinquantaine d’années. Ils se caractérisent aujourd’hui souvent par une hétérogénéité à plusieurs égards : documents pluricodés, ils demandent aux élèves de maitriser et de combiner plusieurs systèmes sémiotiques ; fragmentés et non linéaires, ils font appel à une activité mentale de construction d’un « texte » qui n’est pas donnée initialement. Ainsi, par exemple, les manuels de sciences ou d’histoire du primaire proposent, dans chacune de leurs unités, une multiplicité de documents hétérogènes grâce auxquels la classe est supposée construire un savoir conceptuel, un texte de savoir qui n’est pas présenté en tant que tel. Autre exemple, les albums de jeunesse utilisés dans les classes présentent une complexité particulière, et notamment une hétérogénéité et une discontinuité qui sollicitent du jeune lecteur une activité cognitive d’autant plus délicate que la langue utilisée est proche de la langue orale familière et donne ainsi l’impression d’une proximité avec l’univers quotidien des enfants.
L’étude des supports permet de s’interroger sur les « dispositions » attendues des apprenants. Elle renvoie à une évolution des formes de littératie scolaire et des exigences auxquelles sont soumis les élèves à travers la prégnance de l’environnement écrit dans la classe.
Ces exigences risquent de mettre en difficulté de manière sélective les élèves que leur socialisation familiale a le moins préparés et familiarisés avec les attentes de l’école en la matière lorsque les enseignants, pas toujours conscients des difficultés des élèves, considèrent leur usage comme transparent et allant de soi. C’est pourquoi l’analyse de ce que les supports didactiques complexes laissent à la charge des enseignants, de l’utilisation qui en est faite par ceux-ci et des interactions dans la classe autour de ces supports possède un fort enjeu en termes de compréhension des sources d’inégalités dans les apprentissages et potentiellement, en vue de la réduction de celles-ci.
Les contributions attendues s’attacheront à analyser les caractéristiques d’un support, à mettre en relation ces caractéristiques avec les évolutions des formes curriculaires concernant les savoirs, les attentes de l’école et les logiques d’apprentissage sollicitées, à décrire des situations de travail dans la classe et les choix de l’enseignant, à montrer les risques et les effets différenciateurs – ou au contraire d’élargissement de la réussite des élèves – des situations décrites.
Pour autant, la question des modalités d’apprentissages effectives que mobilisent les élèves dans la confrontation à ces supports ne sera pas directement traitée dans ce numéro.

Calendrier
- Date butoir pour l’envoi aux éditeurs des propositions synthétiques d’articles : 01 novembre 2013
- Réponse du comité de rédaction aux auteurs : 20 décembre 2013 au plus tard.
- Remise de la première version de l’article : 01 février 2014.
- Retour des expertises aux auteurs, demandes de modifications : 02 mai 2014.
- Remise de la version finale : 01décembre 2014.
- Parution : janvier 2015.

L’article sera rédigé en suivant les conseils rédactionnels de la revue

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